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By RTBF Culture · 849 caption lines · Watch on YouTube
Bonjour. Bonjour. C'est un bon bonjour ça ? C'est un bon bonjour. On va à Delta. Très bien. On va à Delta pour pour parce que on doit venir me prendre là-bas pour aller à l'émission Décibel en fait. Très bien. aller enregistrer aujourd'hui. Tu m'as rendu ma veste en fait. On peut pas dire fatigué. Un petit peu. Oui j'ai pas beaucoup dormi hier en fait. Trop travaillé ou trop fait la ? Non pas fait la fête, j'ai travaillé et j'ai un petit peu répété pour aujourd'hui et puis j'ai j'ai fait un petit peu de musique, on s'est pas s'en empêcher.
Surtout quand on répète, il y a toujours un petit peu deux trois petites notes qui viennent et puis on se laisse embarquer même s'il y a rien qui sort mais bon. Hmm. On le fait quand même quoi. Il a suffit d'un tube Alors on danse pour que Stromae, de son vrai nom Paul Van Haver, se fasse connaître de la planète entière. [musique] À 25 ans, ce Belgo-Rwandais, grand fan de hip-hop et ex-rappeur, a trouvé la formule qui fait recette. [musique] Des paroles noires à souhait couchées sur des beats guillerets, un look rétro et propret et une gestuelle qui n'est pas sans rappeler Brel. En 2010, il rafle tous les prix aux MIA pour le hit le plus vendu en Belgique, meilleur album électro, Victoire de la Musique et artiste le plus téléchargé chez nous.
Pas de doute, le Bruxellois de l'année a le vent en poupe. Et oui mais si tu tournes à droite mon avis. Quoi pourquoi qu'est-ce que j'ai ? Bah ouais mais tu vas dans la rue Stéphanie. C'est là que j'ai grandi. [raclement de gorge] ? Donc voilà ouais. De quel âge à quel ? De de de c'était de quel âge à quel ? Jusqu'à mes 19 ans je crois que j'étais ici. Quelle ? C'est la maison là-bas plus loin. Brique jaune, brique jaune.
[rires] Il y avait ma batterie qui était au grenier et d'ailleurs il paraît qu'on m'entendait de très loin. Ah ouais. Ma mère quand elle rentrait de l'église, elle m'entendait le dimanche en train de jouer, elle m'entendait de loin. Et là louer, appartement à louer. Celle-là, c'est le 209. Tu ? Magnifique. Ils ont jamais changé. Ils ont jamais changé la porte, c'est ça qui tue. Ah, c'est c'est cette ?
Mais oui. Oh mon ! Mais je croyais que c'était plus loin. Je l'ai pas vu. Bon, et alors tu étais tu étais à l'état de ? faire des marches arrières comme ça de sauvage. Ça c'était ta maison ? Non, c'était ma baraque, ouais. Ça a été quoi euh les gros coups de massue euh de la vie pendant 25 ? Je peux me permettre une chose, c'est te demander d'envoyer le chauffage sur les pieds. Voilà, c'est sur les pieds, monsieur.
Merci beaucoup, c'est super gentil. Et ma question ? Tu n'y as pas fait attention, bien sûr. C'était quoi ? C'était à tes pieds. Non, mais si je l'ai entendu, j'ai Ouais, ça a été ? Ça a été quoi les les gros coups de massue euh de la vie ? Les gros coups sur les 25 prochaines premières ? Euh dans les premières Quand j'étais tout petit, j'avais eu la malaria, voilà. Ça c'était un truc, mais je m'en souviens pas vraiment.
? J'ai eu la malaria quand je suis parti au Rwanda. Euh donc c'était un bel accueil que m'a réservé ce pays. [rires] Tu avais quel ? J'étais très petit, je crois que je devais avoir 5-6 ans. Et euh et j'avais euh des bonnes températures de fièvre très élevées comme le peut bien le faire la malaria. Et on a dû rentrer plus tôt que prévu parce que il y avait pas de médicaments encore qui arrivaient jusque-là.
C'est euh ton papa qui était rwandais, ? Voilà, exactement. Et ta ? Ma maman, elle est belge. Elle était euh elle a grandi à Dendermonde. [grognement] Et euh et puis elle est venue venir à Bruxelles en fait. Elle a décidé de faire Parce que tu t'appelles Paul Van Haver, donc tu as le nom de ta mère. C'est tout à fait. Comment ça se ? Ben parce que j'ai pas été reconnu par mon papa. D'accord. Mon père m'a pas reconnu et euh même si je lui en veux pas du tout euh mais c'est juste que je l'ai pas réellement connu. La La preuve, c'est que quand j'ai appris qu'il était décédé pendant le génocide, ça m'a ça m'a pas fait euh grand-chose. Si, le fait de plus jamais de savoir que j'allais jamais connaître euh ce que c'était de d'avoir un père.
Tu as des ? Euh il y a une chose dont je me souviens, c'est que deux choses, c'est qu'il avait une un pick-up euh un pick-up au Rwanda et j'étais hyper fier d'avoir un papa qui avait un pick-up au Rwanda, qui était architecte. Et euh un jour quand il m'a dit Ah si il y a un truc qui m'a choqué, c'est qu'il m'a fait un bisou sur la bouche quand j'étais petit. Ça m'a traumatisé. J'ai pas vraiment connu ce que c'est d'avoir un papa à la maison, donc en plus il me fait un bisou sur la bouche.
Et quand il a ouvert sa mallette, il avait plein de porte-mines, il en avait genre au moins 30 des porte-mines Bic là, tu vois, multicolores. Il en avait plein, j'ai fait "Waouh, ça c'est un papa." Donc [grognement] voilà, c'est tout ce dont je me souviens de mon papa. Et il est mort pendant le génocide. Voilà. Mais que j'ai pas euh vraiment connu, donc j'ai pour ça que j'ai j'aime pas le faire faire mon Corneille parce que lui il a le droit de s'en plaindre et mais moi j'ai Enfin, tout le monde a droit de s'en plaindre.
qui est cet artiste français euh qui lui a vécu le génocide de l'intérieur. Voilà. Et l'absence du père, tu penses que ça t'a profondément marqué ou ça a été presque quelque chose de naturel parce que visiblement tu en parles de manière Ouais, c'est bizarre, j'en ai jamais parlé comme ça d'ailleurs. Ah, c'est bizarre. En général, je je je j'occulte un petit peu. J'occulte pas trop. pas en parler, on ne t'en parle pas, hein, cela dit.
Pas du tout, non non non non, j'ai pas de problème avec ça. Et euh Et tu sais ce que ça a fondé en ? Ben de me rapprocher énormément de ma mère et de de le fait de de d'être Enfin, de me rapprocher d'une mère qui a qui a élevé seule ses cinq enfants. Euh et de me rendre compte de de ce que c'est de Bon, ça fait le nouveau bon garçon et cetera, mais euh que ça fait que ça de ce que ça fait de de de simplement de tromper, de toutes ces choses-là, peut-être voilà.
Et dans la famille, la maman aujourd'hui, elle est elle est fière, quoi. Elle est fière, elle est fière, ouais, en effet. Elle découpe toutes les toutes les revues de presse euh enfin toutes les revues. Tu as bien travaillé. Ouais, moi je trouve que Voilà, moi je Moi, c'est ça toujours été mon objectif, c'est d'être euh à la fois euh euh populaire, mais à la fois être avoir une une qualité de une qualité euh sonore vraiment et et c'est pour ça que je l'assume. Euh voilà, là l'objectif, c'est pas de d'avoir ma gueule dans les maga mon visage dans les magazines et tout ça.
Euh c'est comme c'est Taille de ma gueule. Taille de ma gueule. bien. [rires] Dans la vraie vie, je suis quand même un peu plus vulgaire. Mais oui, je sais. Et tu m'as apporté des bonbons. Parce que les fleurs, c'est périssable. Tout à fait. Et les bonbons, c'est tellement bon. Bien que les fleurs soient plus présentes. Ah ouais, soient ils plus présents. C'est ça qu'il ? Soient ils plus présents.
Surtout quand tu as les 100 ans de ton bouton, ouais. Tu vois que tu dois tu dois tout le temps avoir des mecs comme ça qui viennent te En ? En [rires] 4x4 peut-être pas, je sais pas. Mais euh en tout cas, il y a beaucoup de gens qui doivent venir euh [grognement] te saluer à chaque fois. Et pas ? Euh oui. Alors, ça fait ? ? [rires] Ça fait ? Euh euh c'est cool, quoi. C'est cool, c'est sympa. Ah ah.
Ça ça montre le soutien des gens, quoi. C'est voilà. C'est C'est pas C'est pas pour ça qu'on a fait de la musique. C'est C'est C'est pas pour être reconnu dans la rue, mais en tout cas, c'est Mais ça montre en tout cas le soutien des gens. Et c'est toujours fait avec respect, c'est ça que j'aime Je sais pas si toi aussi. Oui, c'est pas de problème. Ah ben voilà. Mais ça te plaît. Tant mieux. Tu as pas l'impression, parce que c'est énorme, toi, je veux dire Soyons bien d'accord.
J'ai vous Ouais, enfin oui, ouais ouais, on va dire oui. Qu'est-ce qui est plus ? Qu'est-ce qui est plus ? Qu'avant. Qu'est-ce qui est plus facile ? Mine de rien, c'est pas la drague, mine de rien. C'est ce qu'on aurait tendance à dire, mais mais pas du tout. Non, mais en fait, c'est parce que je suis très timide. Et donc, je vais être euh deux fois plus euh vigilant quand une fille va s'intéresser à moi.
Euh qu'est-ce qui est encore plus ? Ben là, financièrement parlant. On va le dire, hein, parce que tout ne peut qu'être plus facile en travaillant, de toute façon, après une vie d'étudiant. Donc, oui, de toute façon, c'est plus facile. C'est vrai. Après une vie d'étudiant, ouais. Surtout en ayant travaillé au Quick euh pendant euh pendant un an, sans jamais voir la couleur de l'argent, parce que c'était j'avais demandé à mon frère de de garder l'argent sur un compte en banque.
? Eh bien, parce qu'on se dit qu'on a toujours pas commencé ses études et que on veut faire du du son. réflexe de mettre de l'argent de côté pour se payer des études. Exactement. Pour devenir quelqu'un. Pour devenir quelqu'un. Pour avoir un papier. Ça vous est venu euh petit d'être déjà ? ? Qu'on est plusieurs ou tu me ? venu euh petit d'être déjà ? Je peux te ? ? Je peux te ? Ouais. Très bien. Euh [grognement] ça m'est venu petit d'être déjà ? Euh non. Euh je sais pas, ouais, plus ou moins.
Non, j'ai fait mes conneries aussi, hein. J'ai fait mes conneries, hein. J'ai fait des vols, enfin j'ai volé dans les petits mag- des petits bonbons dans les magasins, j'ai fait mes petits trucs, c'est jamais des grands trucs de grands gangsters, mais j'ai fait mes petites conneries, quoi. Euh par contre, j'ai jamais fumé de drogue avant l'âge de 19 ans. Euh que j'ai découvert et qui m'a pas du tout intéressé.
Mais voilà, je sais pas pourquoi je te parle de ça, d'ailleurs, mais bon. Non, mais voilà, dans le sens être déjà grand, Pour faire bon garçon, pour faire bon garçon respectable, je crois. Honnêtement, je crois que c'est pour faire bon garçon respectable. Non, mais c'est vrai, il y a ce côté euh Ouais. Il y a ce côté présentable, élégant, souriant, bon garçon. Exactement. C'est quelque chose ? Mais c'est ma maman qui m'a toujours dit de le faire et j'ai toujours suivi, je suis pas un rebelle, moi. Je suis vraiment pas un rebelle. Je peux je je ferais pas Je me suis déjà essayé, de toute façon, à faire le rebelle, plus jeune. [rires] Et j'ai déjà compris que c'était pas pour moi, je sais pas c'est pas le peu de fois où j'essaie d'être rebelle, je suis déjà en train de me dire "Non, mais en fait, tu t'es pas remis en question, en fait, tu es en train de dire des Alors que j'ai déjà réfléchi deux trois fois avant avant de faire le rebelle, j'ai déjà réfléchi quatre cinq fois déjà, tu vois, parce que
Mais pourquoi dans l'éducation que tu as eue, avec ta maman, en l'occurrence, il y a ce côté euh il faut être le bon fils, ? Mais parce que de pas décevoir. Je sais pas, je sais c'est parce que je suis comme ça, à un moment, je crois qu'il y a la nature qui est comme ça. Hmm. Et euh et puis il y a l'exemple des grands aussi, hein. Je crois que c'est j'ai eu la chance d'avoir des grands frères, ça je me rends vraiment compte aujourd'hui, d'avoir des grands frères qui ont déjà essayé les choses avant moi.
Ah ah. Et qui sont là parce que on a pas grandi avec notre père, donc fatalement le le le euh le le le grand frère avait un rôle de papa. Ah ah. Et en plus d'être papa, il avait un rôle de d'essayer les choses devant nous, tu vois. Donc [grognement] donc voilà, nous on entendait un petit peu ce qui se passait. C'est pour ça que je crois que je suis un gentil garçon. Oui, mais tu sais ? Ici en fait, c'est la Gare du Nord et c'est ici que je prenais mon train pour aller à l'internat juste après.
Donc tu partais de de Boxel. Jésuites. Tu as été chez les Jésuites, ? Je parlais je partais de Mais voilà d'où ça vient, j'y ai pas pensé. Mon mon côté ? Bah ouais. Mais ah bah tu sais que justement c'est là-bas que j'ai vraiment appris à fermer ma bouche, mais vraiment. Bah ouais. J'ai fermé ma bouche dans beaucoup de situations où j'aurais pu l'ouvrir et j'aurais pu répondre et partir en scandale et et là ma dans 90 % des cas et ben le fait de fermer ma bouche euh m'a permis de le lendemain après après parce que la nuit porte conseil, de me rendre compte qu'en fait euh Tu avais raison.
bah tu avais bien raison de la fermer, même si jamais c'était par manque de courage que tu l'as fait à ce moment-là. Certes, en attendant, aujourd'hui tu es bien content d'avoir fermé ta bouche. Ouais. Parce que au moins tu as manqué de respect à personne. Tu te tu es redevable de rien du tout envers qui que ce soit. Il y a qu'une personne qui t'a peut-être manqué de respect et tu as bien fait de la fermer.
De toute façon, on dit on répond aux imbéciles par le silence, c'est vrai. Ouais. Pourquoi tu mets toujours ton dernier bouton à ta ? Parce que je suis un garçon sage. [rires] Je te l'ai dit, je suis un garçon sage et il faut mettre il faut mettre il faut toujours fermer son dernier bouton euh oh. Ça va pas ou ? Non C'est très mal de l'ouvrir, ça. Ça me ça me Non, mais ça fait un peu mauvais goût, j'aime bien, c'est beau.
Tu vois, ça fait beau mauvais goût. Tu veux pas l'ouvrir, ? Je je m'étouffe. Bon, allez. Ça m'étouffe. Mais je me sens pas bien. Ouais, il est cool comme ça. [rires] Bon, vas-y, tu me conduis à la Alors, c'est différent là. Tu sais que Avoue, ça fait du bien, ? Ouais, ça fait du bien. Je prends mon je prends mon sac je je sais pas pourquoi d'un coup je prends parisien quand je vais être vulgaire, tu vois, je sais pas pourquoi. C'est bizarre.
Et donc nouveau défi professionnel, quoi. Ouais, c'est ça. C'est ça. Et là, il y a vraiment trois personnes qui sont mises en avant, hein. C'est trois personnes clés de chez de chez Mosaert. C'est vous, c'est Luc et c'est euh et c'est Coralie. C'était une évidence de pas prendre tout sur votre tête. Ouais, parce que ça a été le cas pendant euh pendant l'album. Et c'est vrai que souvent les titres prennent Stromae et la marque de vêtements de Stromae et le truc de Stromae.
Et des fois, je trouve ça pas très cool pour les gens qui m'accompagnent, quoi. La marque de Stromae, ben il y a Coralie c'est Coralie la styliste, quoi. Donc Et donc là, j'étais content d'être sur scène, de venir saluer à trois et de mettre en avant même encore plus Coralie parce que c'était elle c'est elle qui a qui a dessiné tout ça, c'est elle qui a imaginé tout ça, quoi. C'est elle la personne clé, ouais.
Exactement. Et Luc aussi qui a accompagné et qui fait la captation. Je trouve que c'est quand même ça ça fait du bien à l'ego quand même, quoi. Euh je peux je peux pas je peux pas récolter tous les tous les lauriers, c'est pas possible. Votre ego, il est nourri euh à vie. Vous avez plus besoin Je pense là. [rires] Je pense que c'est bon là. Depuis le début euh vous travaillez avec euh avec Luc, avec votre ?
Depuis le tout début, ouais. En fait, c'est parce que au début on on considérait pas vraiment ça comme du travail dans le sens où étiez gamins gamins. était gamins, quoi. Moi, j'avais 16 ans, c'était quand je commençais à faire des instrus sur mon ordi. Et c'était le premier à qui je faisais écouter mes sons. Donc j'allais le faire chier dans sa chambre et tout euh même quand il avait pas envie. J'avais vraiment besoin de son avis.
Et puis petit et puis petit à petit, [raclement de gorge] de c'est devenu professionnel. J'ai lancé ma société mon mon label, quoi. Et puis euh au début, je l'ai engagé en tant qu'étudiant et puis petit à petit, quoi, parce qu'il il terminait ses études, lui. Il a dû il a cravaché quand même. Et il est directeur artistique de la boîte. C'est ça. C'est ça. Et puis euh il y a ma maman aussi qui bosse avec moi.
Ah ? Qui fait l'administratif, ouais. Ah, génial. Qu'est-ce que ça doit être euh récompensant pour un fils de pouvoir rendre. Ouais. La ouais la dette la dette familiale. Ouais ouais. [grognement] Même si on en a pas en fait parce que les mères sont pas comme ça. Mais non évidemment. Mais euh C'est un bonheur pour vous ? Euh ouais quelque part ouais ouais ouais ouais. Ouais. Même si euh je suis en train de m'affranchir de ces genres de [grognement] de dettes euh ou de de pour être heureux un jour ouais.
Bah oui je pense il faut passer un peu à à l'étape supérieure. ouais. Quoi un moment vous aviez l'impression de de devoir quelque chose à tout le monde ou ? Ouais vraiment. Vraiment. Ça c'est fatiguant par contre hein. Ah ça c'est très très fatiguant parce que quand on se rend compte mais surtout que on pourra jamais on pourra jamais euh aider tout le monde quoi c'est pas possible. On peut pas aider tout le monde.
Vous avez cru un moment que c'était ? J'ai cru un moment que c'était possible. Ouais ouais. Et c'était pas possible que c'était un devoir surtout. Pourquoi parce que vous vous étiez le ? Parce que j'étais le privilégié ouais. Et donc euh Et vous aviez l'impression de devoir rendre ? Euh rendre je sais pas comme si c'était une bénédiction qui était venue du ciel d'un d'un conglomérat de de je sais pas d'êtres humains qui avaient décidé que ce soit moi qui allait être élu.
C'est un peu bizarre mais euh mais bon c'est comme ça qu'après on se l'explique parce que il y a pas d'explication au succès. Et à un moment il faut trouver il on essaie de s'en trouver dans notre cerveau comme ça. Et donc ouais c'est un peu euh C'est un peu que ce soit tombé sur vous ou ? Ouais vraiment un peu. Un peu. Mais vous avez bossé ? Bah ouais c'est ça en fait c'est ça que je j'ai tendance à oublier. C'est que j'ai bossé en fait et euh j'ai l'impression que c'est comme si j'avais gagné au loto.
C'est ? Ouais c'est un peu ça quoi. Comme si c'était pas euh enfin bref mais je suis en train de passer ce cap là je je Non mais non je suis plus en paix et puis je pense que je grandis aussi hein. Ah. Quel vous avez ? J'ai 33. Ouais. Ça y est, c'est fini là la vingtaine hein. C'est fini, bien passé là. Et votre maman, elle est fière ? Ouais, elle est fière hein. Elle collectionne toujours les papiers ou elle a arrêté parce que c'était plus ?
Non, je crois qu'elle continue toujours. Elle ? Ouais. Mais elle a dû acheter un appartement pour tout ranger maintenant. Bah oui, c'est abusé là, je sais pas combien elle a de fardes, c'est abusé. Mais surtout qu'à un moment, c'est toujours la même chose quoi, je lui dis "Maman, c'est bon." C'est le même article. Mais bon voilà, elle est fière de son fils hein. Bah tiens. Vous êtes déjà venu hein dans ce taxi.
Mais vous étiez tout petit comme ça. Mais vous étiez tout petit petit. Et c'était dans l'ancienne voiture d'ailleurs. Ouais. Et ça a changé hein. Ouais. Je crois que On évolue monsieur. Ah ouais, quand même hein. J'avoue que ouais, franchement la grande classe hein. Ouais ouais. On évolue. C'est cool, j'avoue que j'étais emballé. Je disais à ma femme "Ouais je suis trop emballé." Ouais. C'est pas mal hein.
Ouais. Si vous voulez, vous pourrez la conduire tantôt si vous êtes gentil. ah ouais, avec grand plaisir. Vous en avez marre des fois d'être devenu célèbre vous ? On peut pas le dire ça normalement hein mais un peu des fois ouais. C'est pour ça que j'ai j'ai j'ai parfois envie d'aller ailleurs. De prendre un deuxième deuxième résidence quelque part ailleurs où on me reconnaît pas. Mais euh mais c'est c'est c'est dur de s'en plaindre quoi parce que parce que il y a des privilèges aussi évidemment.
Évidemment. Et les privilèges qui vont avec donc on va pas s'en plaindre non plus. Enfin mais si si, je me suis interdit de m'en plaindre et c'est ça le problème parce que le public risque de l'entendre et risque de se vexer et de dire "Mais c'est quoi ce mec qui voulait absolument ça puis qu'il l'a ?" Bref. Mais en réalité euh c'est pas parce qu'on a envie de quelque chose qu'on a pas le droit de s'en plaindre. Parfois c'est hyper envahissant quoi, il y a il y a pas moyen de passer une après-midi avec mon filleul ou avec euh avec un membre de ma famille sans être embêté quoi et euh et sans que on refuse poliment d'ailleurs et j'ai toujours de refuser poliment quand c'est ces moments de prise de vie privée Hmm hmm.
et que il y a une personne qui le prend super mal et qui dit "Ah ouais OK bah ouais franchement mais je vais le dire à tout le monde que vous vous la pétez hein franchement." Non mais pouf Oui ça c'est pas grave ça. Ouais mais ça ça affecte quand même quoi ça ça parce qu'on a un côté politicien comme ça enfin moi déjà j'ai un côté politicien diplomate et cetera et donc moi quand quelqu'un m'aime pas ça va pas quoi.
[rires] Sinon vous croyez vraiment que vous auriez fait ce ? Pourquoi c'est quelque chose qui est pas euh possible chez vous d'être totalement d'être ? Mais c'est parce que je suis dans la je suis je suis toujours dans la retenue dans le contrôle et parce que je suis pas À cause des autres de ce qu'ils vont ? D'à cause des autres de ce qu'ils vont penser de ouais c'est un peu ça ouais. Ouais c'est un peu ça. En fait c'est un peu horrible mais je me sens un peu comme dans euh les le film avec Jim Carrey là.
Ah ouais. Euh Truman Show. Truman Show. Épié en permanence. Voilà. Parce que des des fois j'en je m'en veux d'être parano comme si c'était de ma faute mais en fait il y a si Enfin c'est-à-dire que moi je marche dans la rue et j'entends des Enfin c'est-à-dire que c'est un peu comme si j'étais vraiment épié 24 sur 24 quoi et c'est assez pesant quand même parfois. Ouais. Vous savez la bonne ? Non. C'est qu'à la fin du film il ouvre la porte.
[rires] Et ne rien faire. Ne rien faire du tout. C'est une option dans la vie pour ? Oui mais ça c'est dans des dans des petits moments creux. Deux trois ? Non non non pas du tout. Mais c'est vrai que mine de rien je continue tout le temps je bosse tout le temps en fait. Même quand j'allais pas bien et tout euh quand je sortais de l'hôpital et tout je continuais quand tu tu connais je continuais tout le temps à bosser.
Ouais je me Impossible de se dire là il faut couper les vannes quoi. Mais aujourd'hui, c'est je le fais plus sainement et je et j'apprécie plus, quoi. C'est-à-dire, je bosse, mais en même temps, je je sais qu'il faut un moment de repos, que il faut couper, il faut faut faut on peut se regarder des séries, on peut voilà, il faut jouer à la jouer aux jeux vidéo, enfin, s'occuper avec d'autres trucs, quoi. Il y a pas que le boulot dans la vie.
C'est-à-dire, ah non, pas du tout. C'était que du travail. Ah ouais, c'était que du travail, ouais ouais ouais. Tout le temps. Tout le temps. Tout le temps tout le temps tout le temps. Ça ça c'était pendant la dernière année de la tournée en 2015. Là, c'était vraiment genre que du boulot, quoi. Que ça, tout le temps. 24 sur 24. Mais vous l'avez pas senti ? Vous vous êtes pas dit "Bon, là, tu ? Non, je l'ai vraiment pas senti venir.
Hmm. Et ça, je m'en veux quand même. Ah ? Ouais, je m'en veux un peu de ça. J'ai pas beaucoup de regrets dans ma vie, mais ce ce burn-out là là euh franchement, si j'avais pu l'éviter quand même, pourquoi pas, quoi, parce que c'est pas c'est pas très chouette, mais bon euh Non, ça, c'est sûr, c'est pas très chouette. Mais ça libère pour toute une vie derrière. C'est ce que je me dis. Je pense que ça ça donne des armes ça donne des armes.
Bon. Vous voulez ? Ah ! Oui. Ouais, ? Ouais, vraiment, ouais. Allez, on s'arrête. Faites attention à ma voiture, hein. Je vais la crasher. Mais ouais. Je m'en fous, je suis assuré. On doit vraiment y aller. le mec, chaque fois qu'il met sa gueule d'Orly, "Petite photo." Ouais, Ah, ça doit être chouette. Tu vois pourquoi je deviens ? [rires] Bon, eh bien, bienvenue dans mon taxi. Bonjour, vous allez ?
[rires] Bonjour. ! On va ? Mais c'est vous, hein. C'est vous qui me On va dans le Ah, j'aimerais bien aller à l'Archiduc. À ? Ouais. OK. Boire une bière maintenant que je conduis plus. [rires] Ah ouais, c'est juste. Merde, je pourrais même pas boire moi. Bon, les piétons. OK, désolé, pardon. C'est ici que ça va devenir intéressant. J'ai dit que j'ai pas mon permis. Non, je déconne.